Avec Mike Westbrook, Catania 1992 - 2018

Rencontres : Enregistrer la musique, pour quoi faire ?

Trois jours de débats, autours du thème : Enregistrer la musique, pour quoi faire ? Un concert et une exposition exceptionnelle.

Les 7, 8 et 9 novembre 2018, à Avignon, les Deuxièmes Rencontres des Allumés du Jazz :

“En ces temps d’une fragmentation stupéfiante des moyens d’enregistrement, de diffusion et d’écoute, alors qu’après une chute imposante, la vente des disques compacts  – dit-on – se (re)stabilise, alors que le streaming se généralise, que des genres comme le jazz et la musique classique s’y égarent, alors que l’écoute accompagnée de vidéo pulvérise les règles établies des droits d’auteurs, d’interprètes et de producteurs, alors que le téléchargement légal à peine né s’effondre, alors que les maîtres de l’internet et de la technologie tendent à devenir les maîtres du champ musical au détriment même des anciens maîtres nommés « majors », alors que la publicité fait une envahissante irruption dans le monde musical, alors que des disquaires refont surface par passion et que les rayons des grands magasins se réduisent, alors que les distributeurs font face à une consignation généralisée, alors que le disque vinyle condamné au néant, il y a de nombreuses années, fait un retour chic et choc, alors que la cassette fait aussi un retour chez les indomptables de la musique anglo-saxonne, alors que se multiplient et s’inventent, dans et hors l’internet, toutes sortes d’initiatives qu’on qualifiera, c’est selon, de résistantes, fantaisistes, saugrenues, ingénieuses, jamais la question de l’enregistrement de la musique, de son sens, de sa finalité, ne s’est posée aussi puissamment.

Les Allumés du Jazz, collectif de producteurs indépendants fondé en 1995, avaient organisé en janvier 2005, à Avignon, des rencontres intitulées « L’avenir du disque, rebâtir ». Le journal Les Allumés du Jazz publiait ensuite les réflexions propres à ces journées qui suscitèrent un grand intérêt public et professionnel. C’est donc à Avignon qu’ils se retrouveront, 13 ans plus tard, afin d’évoquer les possibilités de trouver une juste dynamique face au monde musical dans une situation bouleversée.”

Lire sur le site des Allumés du Jazz

Archipels à Marseille

Archipels – Cie Dominique Pifarély sera aux Emouvantes, le festival organisé par Claude Tchamitchian à Marseille.

Le mercredi 26 septembre, à 21h, nous présenterons “Suite : Anabasis” avec le Dominique Pifarély Septet.

Puis Dominique Pifarély participera le jeudi 27 à la création d’Andy Emler, “The E-movin’ ensemble”, et donnera une master class le 28 au Conservatoire National à Rayonnement Régional Pierre Barbizet de Marseille.

Découvrir le programme complet en cliquant sur l’affiche :

L'algorithme de la faim, par Philippe De Jonckheere

Texte, images, musique

L’algorithme de la faim, par Philippe De Jonckheere est un court récit de science-fiction — avec des images du même PDJ —, et une musique de Dominique Pifarély.

“On possédait enfin l’algorithme ultime […] Il faut dire que l’algo — comme ils disaient entre eux, manière de s’encanailler, faire geek quand eux-mêmes ne connaissaient pas les premiers rudiments de la programmation, la politique était devenue cela, une aptitude à faire accroire des compétences étendues dans des domaines nombreux —, avait également la vertu de résoudre irréfragablement tous les problèmes fondamentaux qui avaient fini par corrompre le monde occidental et au delà de lui, le monde tout court, au premier rang desquels, le plus épineux de tous, la surpopulation et son immédiat corollaire, la faim dans le monde, singulièrement dans les pays du Bloc Sud. Qu’on y songe, non seulement il était possible de prédire, depuis longtemps, vers quelle filière ou telle autre filère orienter tel ou tel enfant, et cela désormais on pouvait le faire sans aucun risque d’erreur aux dix ans révolus de l’enfant, mais il était désormais possible de donner un indice de la réussite existentielle de cet enfant.”

[passer la souris sur les images pour lire, puis suivre le fil à l’aide des touches ➡️ et ⬇️ — ou scroller…]

On peut ouvrir la page originale sur Désordre, le site de Philippe De Jonckheere. On peut également regarder une vidéo du spectacle “Apnées” avec Philippe De Jonckheere, Michele Rabbia (percussion, traitement numérique) et Dominique Pifarély (violon, traitement numérique).

Valse avec le Vésuve : concert au bord du cratère

Dominique Pifarély était avec Louis Sclavis le 8 septembre 2018 en haut du Vésuve pour un concert exceptionnel en duo, dans le cadre du Pomigliano Jazz Festival.

Archipels Festival

Pour Archipels – Cie Dominique Pifarély, c’est l’évènement de ce début d’été 2018. Au delà du mot “festival”, au sens sans doute amoindri par sa fonction désormais institutionnelle, c’est un rendez-vous que nous souhaitions depuis longtemps, une sorte d’assemblée ouverte à tous…

Dans le domaine de la musique, il n’est pas toujours aisé — c’est un euphémisme… — de présenter ensemble, dans une unité de temps et de lieu, des travaux artistiques qui soient reliés de manière presque organique, dont les échos et résonances mutuelles font sens, tentant de déployer à la fois un creusement de la langue et une ouverture féconde, et dans des conditions où le public puisse en construire la cohérence à son gré.

Il est donc question de défendre des visions musicales déterminées, et de les mettre en regard, montrant par là qu’il ne s’agit pas d’un facile mélange des genres, mais bien — loin des catégorisations que l’industrie du divertissement a imposé à tous — d’un même mouvement vers la Musique, toujours à rejoindre, à inventer, découvrir, et à vivre.

Pour cette première édition, nous présenterons, pour les projets “internes”, le quartette de Dominique Pifarély et le trio Sclavis/Pifarély/Courtois.

Et puis les projets de quelques compagnons de route.

Sylvaine Hélary (flûtes), après avoir joué avec la dernière mouture de l’ensemble Dédales de Dominique Pifarély, est aujourd’hui dans son dernier projet, le septette “Suite : Anabasis”. Avec Noémi Boutin (violoncelle), elle présente Myssil (+ d’infos), un concert jeune public naviguant avec souplesse et inventivité dans un univers musical à la fois riche et ludique.

Matthieu Metzger (saxophone sopranino) joue également dans le nouveau septette de Dominique Pifarély. Il a créé avec Armelle Dousset (accordéon diatonique) le duo Rhizottome (+ d’infos), qui renoue avec les racines et sème les graines d’une nouvelle musique traditionnelle sensuelle et féconde.

La première rencontre du violoniste et raconteur d’histoires Jean-François Vrod avec Dominique Pifarély est déjà ancienne, dans un projet qui mettait en regard musiques traditionnelles et improvisation, et sa Veillée rustique moderne (+ d’infos) est un objet singulier, comme le parcours musical de son auteur qui, seul avec son violon, revisite l’idée de veillée et du partage de l’art vivant.

La présence du texte, littéraire, poétique, est une constante chez Archipels – Cie Dominique Pifarély, au travers des collaborations successives avec Violaine Schwartz, Pierre Baux, François Bon, Claude Favre, Géraldine Keller, D’ de Kabal… Le comédien Pierre Baux et le violoncelliste Vincent Courtois, dont la rencontre date de la première réalisation de la compagnie, ont depuis lors développé un travail ininterrompu. L’Amérique (+ d’infos) est une lecture/performance où le texte et  la musique — improvisée — sont en constante interaction, sans que l’un prédomine : un contrepoint permanent pour un cheminement du sens ouvert et multiple.

Pour terminer, un bal : Le peuple étincelle (+ d’infos) est le rêve de François Corneloup, lui aussi présent dès l’origine d’Archipels, de combiner une musique pour la danse avec l’expérience, la créativité de musiciens de jazz et improvisateurs.

A l’écart de la résignation comme du divertissement, tous ces artistes tracent une route personnelle, joyeuse et critique, nourrie de regards bienveillants et curieux, et c’est ensemble que ces voix dessinent du rêve.

Dominique Pifarély Septet à l'Atelier du Plateau

C’est notre dernier rendez-vous de la saison à l’Atelier du Plateau, après le quartette de Dominique Pifarély en novembre et une lecture-performance avec François Bon en mars, voici “Suite : Anabasis”, nouveau septette avec Valentin Ceccaldi, Sylvaine Hélary, Matthieu Metzger, François Corneloup, François Merville et Antonin Rayon.


Après l’Europajazz festival du Mans, voici ce qu’écrivait Xavier Prévost pour Jazz Magazine :

Europajazz Festival, Le Mans, La Fonderie, 5 mai 2018, 17h

“Après une avant première à l’Ajmi d’Avignon, c’est la création de cette nouvelle musique. Comme souvent chez Dominique Pifarély, la première impulsion créatrice est d’origine littéraire : Anabase, un poème de Paul Celan, un auteur qui a déjà suscité chez le violoniste plusieurs compositions, et donne lieu cette fois à une suite. L’enjeu est d’importance pour le musicien : il a rassemblé un groupe où chacun représente une sorte d’idéal, comme interprète et improvisateur. La pièce est assez longue, elle s’est étoffée de nouveaux développements depuis son avant-première, mais l’attention du public est totale, du début jusqu’à la toute fin. On part d’une seule note, obstinément rejouée par le piano, adagio, jusqu’à l’entrée du sax baryton, bientôt rejoint par les autres instruments. Dès lors il semble évident que vont se mêler l’esprit de la musique de chambre contemporaine et les rythmes anguleux d’un jazz qui n’est pas moins contemporain, dans un spectre large qui s’étendrait des phrases policées de l’écriture ‘savante’ jusqu’aux écarts des musiques improvisées les plus radicales. C’est ensuite une mélodie lyrique, aux intervalles distendues (la mémoire de l’ange n’est pas très loin….), et le rythme s’affirme et l’ensemble dérive vers les abords interlopes du jazz, avec un tutti libre et délibérément divergent. […] Il serait vain, et fastidieux, de vouloir décrire par le menu le cheminement de cette longue pièce, grande forme (forme ouverte pourrait-on dire, sans formalisme), avec ses glissements et ses surprises. […] Ce qu’on retient, c’est l’extrême cohérence du cheminement, la très grande qualité des solistes (le violoniste inclus !), dans l’exécution comme dans l’improvisation, et cette oscillation permanente entre les langages que tous les membres du groupe ont en commun, de l’écrit le plus rigoureux jusqu’à l’improvisation la plus libre, presque un manifeste qui nous dirait : nous jouons ce que nous sommes. J’en veux pour preuve le mouvement final, sorte de groove dansant (mais très élaboré) qui respire la liberté d’être, et se fond dans une coda chambriste qui va s’éteindre avec le retour, furtif, de la note obstinée qui ouvrait le concert. Il y a bien là une œuvre accomplie, libre et cohérente, belle réussite qui sera reprise les 25 & 26 mai, à Paris, à l’Atelier du plateau, puis en septembre à Marseille (festival ‘Les Émouvantes’) et en novembre à Strasbourg (festival Jazzdor). Avis aux mélomanes sans œillères.”
Xavier Prévost / JazzMagazine, lundi 7 mai 2018

"Paysages de nos larmes" à Vitry-sur-Seine

Mardi 10 avril, une nouvelle représentation de “Paysages de nos larmes” au Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine, pour le festival Les Transversales.

“Il sera question du caractère éphémère de nos sociétés et de leur cortège de guerres, face à la nature et son extraordinaire capacité à maintenir la vie et à la renouveler. Il sera question de la profonde mémoire des matières et des objets, d’une ville qu’on détruit et reconstruit sans cesse, de combats, nos combats intérieurs comme les autres. Il sera question d’errance et de racines, d’attente et d’impatience, d’impuissance, de révolte et d’enfance.”

Vidéos :

Suite : Anabasis

Au printemps 2018, Dominique Pifarély présente un nouveau projet en forme de septette. Cette formation prolongera le travail orchestral mené de 2005 à 2015 avec l’ensemble Dédales. Dans un format plus chambriste mais aux potentialités explosives, c’est un nouveau programme, dans lequel se croisent compagnons repérés (François Corneloup, François Merville, Antonin Rayon) et figures nouvelles (Sylvaine Hélary, Matthieu Metzger, Valentin Ceccaldi).

Le septette donnera une avant-première à l’AJMI (Avignon) le 4 avril, et les premiers concerts auront lieu à l’Europajazz Festival (Le Mans) le 5 mai, à l’Atelier du Plateau (Paris) les 25 et 26 mai, aux Emouvantes (Marseille) le 26 septembre et à Jazzdor (Strasbourg) le 17 novembre.


“L’anabase, c’est la remontée de la mer vers les terres (…) et la sortie d’exil.Cette montée est aussi un retour, qui paradoxalement s’effectue dans l’avenir.”
Martine Broda, “Dans la main de personne, essai sur Paul Celan”

Après un travail, il y a 15 ans, sur des poèmes de Paul Celan (pour choeur de chambre, 2 récitants et 6 musiciens-improvisateurs — voir “Anabasis“), les textes fournissent aujourd’hui une trame invisible (au sens propre : rythme, prosodie, espace, forme) qui guide cette utopie d’un retour dans l’avenir.

Suite : Anabasis est donc un acte musical à la fois engagé et rêveur, formel et sensible, avec en toile de fond un questionnement qui porte sur l’exil, le déplacement, la fuite, la quête, mais aussi l’exil de soi et le retour vers soi et vers l’autre, et quelques intuitions contemporaines.

DP


Dominique Pifarély : violon, composition
Valentin Ceccaldi : violoncelle
Sylvaine Hélary : flûtes
Matthieu Metzger : saxophones soprano et alto
François Corneloup : saxophone baryton
Antonin Rayon : piano, synthétiseur moog
François Merville : batterie

Production : ARCHIPELS-Cie Dominique Pifarély
Coproduction : Europajazz Festival du Mans / Festival Jazzdor Strasbourg
Avec l’aide de la DRAC Nouvelle Aquitaine, de l’ADAMI et de la SPEDIDAM
Avec le soutien de la Maison Galerie 19PaulFort et de l’AJMI

La musique d'Erich Zann, et retour à Argenteuil


“La musique d’Erich Zann”, de H.P. Lovecraft, trad. François Bon

Après une “première” accueillie par le festival “Sans Décoder 2017” à Dompierre les Ormes (71), nous reprenons, avec François Bon et traduit par lui, le texte fantastique de H.P. Lovecraft “La musique d’Erich Zann”, à la Cave d’Argenteuil (anciennement Cave Dimière), poursuivant ainsi, via le traitement numérique en temps réel, notre travail sur l’imaginaire et sur les rapports entre récit et improvisation.

François Bon et Dominique Pifarély (violon, traitement numérique temps réel), le 26 janvier 2018, 20h30, à La Cave d’Argenteuil (réservations).

En savoir plus : le sommaire Lovecraft sur le site de François Bon

Interview et présentation, par François Bon