Archipels Festival

Pour Archipels – Cie Dominique Pifarély, c’est l’évènement de ce début d’été 2018. Au delà du mot “festival”, au sens sans doute amoindri par sa fonction désormais institutionnelle, c’est un rendez-vous que nous souhaitions depuis longtemps, une sorte d’assemblée ouverte à tous…

Dans le domaine de la musique, il n’est pas toujours aisé — c’est un euphémisme… — de présenter ensemble, dans une unité de temps et de lieu, des travaux artistiques qui soient reliés de manière presque organique, dont les échos et résonances mutuelles font sens, tentant de déployer à la fois un creusement de la langue et une ouverture féconde, et dans des conditions où le public puisse en construire la cohérence à son gré.

Il est donc question de défendre des visions musicales déterminées, et de les mettre en regard, montrant par là qu’il ne s’agit pas d’un facile mélange des genres, mais bien — loin des catégorisations que l’industrie du divertissement a imposé à tous — d’un même mouvement vers la Musique, toujours à rejoindre, à inventer, découvrir, et à vivre.

Pour cette première édition, nous présenterons, pour les projets “internes”, le quartette de Dominique Pifarély et le trio Sclavis/Pifarély/Courtois.

Et puis les projets de quelques compagnons de route.

Sylvaine Hélary (flûtes), après avoir joué avec la dernière mouture de l’ensemble Dédales de Dominique Pifarély, est aujourd’hui dans son dernier projet, le septette “Suite : Anabasis”. Avec Noémi Boutin (violoncelle), elle présente Myssil (+ d’infos), un concert jeune public naviguant avec souplesse et inventivité dans un univers musical à la fois riche et ludique.

Matthieu Metzger (saxophone sopranino) joue également dans le nouveau septette de Dominique Pifarély. Il a créé avec Armelle Dousset (accordéon diatonique) le duo Rhizottome (+ d’infos), qui renoue avec les racines et sème les graines d’une nouvelle musique traditionnelle sensuelle et féconde.

La première rencontre du violoniste et raconteur d’histoires Jean-François Vrod avec Dominique Pifarély est déjà ancienne, dans un projet qui mettait en regard musiques traditionnelles et improvisation, et sa Veillée rustique moderne (+ d’infos) est un objet singulier, comme le parcours musical de son auteur qui, seul avec son violon, revisite l’idée de veillée et du partage de l’art vivant.

La présence du texte, littéraire, poétique, est une constante chez Archipels – Cie Dominique Pifarély, au travers des collaborations successives avec Violaine Schwartz, Pierre Baux, François Bon, Claude Favre, Géraldine Keller, D’ de Kabal… Le comédien Pierre Baux et le violoncelliste Vincent Courtois, dont la rencontre date de la première réalisation de la compagnie, ont depuis lors développé un travail ininterrompu. L’Amérique (+ d’infos) est une lecture/performance où le texte et  la musique — improvisée — sont en constante interaction, sans que l’un prédomine : un contrepoint permanent pour un cheminement du sens ouvert et multiple.

Pour terminer, un bal : Le peuple étincelle (+ d’infos) est le rêve de François Corneloup, lui aussi présent dès l’origine d’Archipels, de combiner une musique pour la danse avec l’expérience, la créativité de musiciens de jazz et improvisateurs.

A l’écart de la résignation comme du divertissement, tous ces artistes tracent une route personnelle, joyeuse et critique, nourrie de regards bienveillants et curieux, et c’est ensemble que ces voix dessinent du rêve.

Dominique Pifarély Septet à l'Atelier du Plateau

C’est notre dernier rendez-vous de la saison à l’Atelier du Plateau, après le quartette de Dominique Pifarély en novembre et une lecture-performance avec François Bon en mars, voici “Suite : Anabasis”, nouveau septette avec Valentin Ceccaldi, Sylvaine Hélary, Matthieu Metzger, François Corneloup, François Merville et Antonin Rayon.


Après l’Europajazz festival du Mans, voici ce qu’écrivait Xavier Prévost pour Jazz Magazine :

Europajazz Festival, Le Mans, La Fonderie, 5 mai 2018, 17h

“Après une avant première à l’Ajmi d’Avignon, c’est la création de cette nouvelle musique. Comme souvent chez Dominique Pifarély, la première impulsion créatrice est d’origine littéraire : Anabase, un poème de Paul Celan, un auteur qui a déjà suscité chez le violoniste plusieurs compositions, et donne lieu cette fois à une suite. L’enjeu est d’importance pour le musicien : il a rassemblé un groupe où chacun représente une sorte d’idéal, comme interprète et improvisateur. La pièce est assez longue, elle s’est étoffée de nouveaux développements depuis son avant-première, mais l’attention du public est totale, du début jusqu’à la toute fin. On part d’une seule note, obstinément rejouée par le piano, adagio, jusqu’à l’entrée du sax baryton, bientôt rejoint par les autres instruments. Dès lors il semble évident que vont se mêler l’esprit de la musique de chambre contemporaine et les rythmes anguleux d’un jazz qui n’est pas moins contemporain, dans un spectre large qui s’étendrait des phrases policées de l’écriture ‘savante’ jusqu’aux écarts des musiques improvisées les plus radicales. C’est ensuite une mélodie lyrique, aux intervalles distendues (la mémoire de l’ange n’est pas très loin….), et le rythme s’affirme et l’ensemble dérive vers les abords interlopes du jazz, avec un tutti libre et délibérément divergent. […] Il serait vain, et fastidieux, de vouloir décrire par le menu le cheminement de cette longue pièce, grande forme (forme ouverte pourrait-on dire, sans formalisme), avec ses glissements et ses surprises. […] Ce qu’on retient, c’est l’extrême cohérence du cheminement, la très grande qualité des solistes (le violoniste inclus !), dans l’exécution comme dans l’improvisation, et cette oscillation permanente entre les langages que tous les membres du groupe ont en commun, de l’écrit le plus rigoureux jusqu’à l’improvisation la plus libre, presque un manifeste qui nous dirait : nous jouons ce que nous sommes. J’en veux pour preuve le mouvement final, sorte de groove dansant (mais très élaboré) qui respire la liberté d’être, et se fond dans une coda chambriste qui va s’éteindre avec le retour, furtif, de la note obstinée qui ouvrait le concert. Il y a bien là une œuvre accomplie, libre et cohérente, belle réussite qui sera reprise les 25 & 26 mai, à Paris, à l’Atelier du plateau, puis en septembre à Marseille (festival ‘Les Émouvantes’) et en novembre à Strasbourg (festival Jazzdor). Avis aux mélomanes sans œillères.”
Xavier Prévost / JazzMagazine, lundi 7 mai 2018

"Paysages de nos larmes" à Vitry-sur-Seine

Mardi 10 avril, une nouvelle représentation de “Paysages de nos larmes” au Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine, pour le festival Les Transversales.

“Il sera question du caractère éphémère de nos sociétés et de leur cortège de guerres, face à la nature et son extraordinaire capacité à maintenir la vie et à la renouveler. Il sera question de la profonde mémoire des matières et des objets, d’une ville qu’on détruit et reconstruit sans cesse, de combats, nos combats intérieurs comme les autres. Il sera question d’errance et de racines, d’attente et d’impatience, d’impuissance, de révolte et d’enfance.”

Vidéos :

Suite : Anabasis

Au printemps 2018, Dominique Pifarély présente un nouveau projet en forme de septette. Cette formation prolongera le travail orchestral mené de 2005 à 2015 avec l’ensemble Dédales. Dans un format plus chambriste mais aux potentialités explosives, c’est un nouveau programme, dans lequel se croisent compagnons repérés (François Corneloup, François Merville, Antonin Rayon) et figures nouvelles (Sylvaine Hélary, Matthieu Metzger, Valentin Ceccaldi).

Le septette donnera une avant-première à l’AJMI (Avignon) le 4 avril, et les premiers concerts auront lieu à l’Europajazz Festival (Le Mans) le 5 mai, à l’Atelier du Plateau (Paris) les 25 et 26 mai, aux Emouvantes (Marseille) le 26 septembre et à Jazzdor (Strasbourg) le 17 novembre.


“L’anabase, c’est la remontée de la mer vers les terres (…) et la sortie d’exil.Cette montée est aussi un retour, qui paradoxalement s’effectue dans l’avenir.”
Martine Broda, “Dans la main de personne, essai sur Paul Celan”

Après un travail, il y a 15 ans, sur des poèmes de Paul Celan (pour choeur de chambre, 2 récitants et 6 musiciens-improvisateurs — voir “Anabasis“), les textes fournissent aujourd’hui une trame invisible (au sens propre : rythme, prosodie, espace, forme) qui guide cette utopie d’un retour dans l’avenir.

Suite : Anabasis est donc un acte musical à la fois engagé et rêveur, formel et sensible, avec en toile de fond un questionnement qui porte sur l’exil, le déplacement, la fuite, la quête, mais aussi l’exil de soi et le retour vers soi et vers l’autre, et quelques intuitions contemporaines.

DP


Dominique Pifarély : violon, composition
Valentin Ceccaldi : violoncelle
Sylvaine Hélary : flûtes
Matthieu Metzger : saxophones soprano et alto
François Corneloup : saxophone baryton
Antonin Rayon : piano, synthétiseur moog
François Merville : batterie

Production : ARCHIPELS-Cie Dominique Pifarély
Coproduction : Europajazz Festival du Mans / Festival Jazzdor Strasbourg
Avec l’aide de la DRAC Nouvelle Aquitaine, de l’ADAMI et de la SPEDIDAM
Avec le soutien de la Maison Galerie 19PaulFort et de l’AJMI

La musique d'Erich Zann, et retour à Argenteuil


“La musique d’Erich Zann”, de H.P. Lovecraft, trad. François Bon

Après une “première” accueillie par le festival “Sans Décoder 2017” à Dompierre les Ormes (71), nous reprenons, avec François Bon et traduit par lui, le texte fantastique de H.P. Lovecraft “La musique d’Erich Zann”, à la Cave d’Argenteuil (anciennement Cave Dimière), poursuivant ainsi, via le traitement numérique en temps réel, notre travail sur l’imaginaire et sur les rapports entre récit et improvisation.

François Bon et Dominique Pifarély (violon, traitement numérique temps réel), le 26 janvier 2018, 20h30, à La Cave d’Argenteuil (réservations).

En savoir plus : le sommaire Lovecraft sur le site de François Bon

Interview et présentation, par François Bon

Concerts les 10 et 11 novembre à Paris

A la veille d’un prochain enregistrement du Quartet de Dominique Pifarély, 2 concerts à Paris :

  • le vendredi 10 novembre à 20h
  • le samedi 11 novembre à 20h

à l’Atelier du Plateau

5, rue du Plateau – Paris -19ème / résevations au 01 42 41 28 22

Dominique Pifarély Quartet à l'Atelier du Plateau / Paris

Dominique Pifarély et l'Atelier du Plateau

Cette saison, à l’Atelier du Plateau :

  • 10 et 11 novembre 2017 : Dominique Pifarély Quartet
  • 20 décembre 2017 : je serai l’invité de Vincent Courtois et ses “Bandes originales”
  • 10 mars 2018 : avec François Bon, “La musique d’Erich Zann”, autour de HP Lovecraft
  • 25 et 26 mai 2018 : Dominique Pifarély Septet “Suite : Anabasis”

Rappel d’une déjà longue histoire dans une ruelle du 19ème arrondissement :

En 1997 et 1998, je pars avec Gilles Zæpffel, metteur en scène, auteur, explorateur, comédien, équilibriste, chef de bande, qui monte successivement 2 spectacles au Liban : d’abord un “Hommage au Grand Théâtre”, celui de Beyrouth, construit sur le modèle de l’Opéra du Caire, mais désormais en ruine, seul au milieu du vaste chantier de reconstruction du centre-ville de Beyrouth ; puis “Nuits guerrières”, créé dans le magnifique khan (caravansérail) de Saïda au Sud-Liban, puis repris en France. Dans le premier, je serai présent en solo, et j’écrirai et jouerai la musique du second. Ce sera l’occasion d’un bousculement fécond, et de rencontres durables, pour lui comme pour moi (voir Chemin du théâtre).

Et en 1999, après ces travaux levantins, Gilles tombe sur cet ancien atelier, au bout d’une ruelle du 19ème arrondissement, et décide d’y poser ses valises. Il y créera ses prochains spectacles, et initiera cette tradition d’accueil des artistes et du public que le lieu, et ses animateurs, maintiennent avec joie. Je jouerai le tout premier concert, à l’ouverture, en duo avec Bruno Chevillon, lui aussi de la dernière aventure libanaise.

Et c’est encore avec lui, et mon quartette — François Merville, présent dès les premiers temps de l’Atelier du Plateau, et Antonin Rayon, avec qui je jouai pour la première fois… à l’Atelier du Plateau —, que j’aurai le plaisir de revenir, les 10 et 11 novembre, dans la ruelle du 19ème arrondissement, avant d’y amener François Bon pour une nouvelle performance autour de HP Lovecraft (en mars), puis un tout nouveau septette (en mai)…

Dominique Pifarély

Site de L’Atelier du Plateau
5, rue du Plateau (au fond de l’impasse)
75019 Paris
Les réservations se font par mail et/ou par téléphone :
01 42 41 28 22cdnq@atelierduplateau.org


Avec Claude Favre à La Marelle (Marseille)

“Ceux qui par les étranges terres”

Rencontre-discussion

Lieu : La Salle des Machines
Une proposition de : La Marelle , La Salle des Machines

Claude Favre (poète, performeuse, en résidence à La Marelle à l’automne 2017) et Dominique Pifarély (violoniste, improvisateur, compositeur) déplacent les lignes, avec leurs doutes, leurs voix, leurs sons, leurs silences, pour dire ce qui est, aujourd’hui, ici et maintenant qui est un ailleurs, pour les hommes errants, pour ceux qui vont sur les étranges terres où d’autres hommes étrangement ferment leurs portes, se mettent œillères, quand l’hospitalité a une histoire, quand il faut regarder en face pour que le monde n’aille pas à sa perte, parce qu’il nous faut construire l’histoire et connaître les noms, dénombrer les morts de ceux qui détournent les horizons par les mers, sur les routes, parce qu’on ne peut détourner le regard, ignorer les fugitifs, les migrants, les brûleurs, qui brûlent leurs papiers, les frontières, les préjugés, brûlent jusqu’à leurs empreintes digitales, parce que le monde en guerre est un asile de fou, parce que c’est toujours aujourd’hui, et le passé reviendra, et même les filles brûlent.


Les 13 et 14 septembre, 2 jours d’ateliers à Marseille sur la lecture avec musique.

Stage Musique & Voix, pour musiciens et lecteurs – Les cargaisons insolites

Qu’est-ce qu’un texte ? C’est de l’horizontalité qui se verticalise, écrit le poète Bernard Noël.

Travail de « la voix du texte » à partir de l’écoute de documents sonores depuis le début du XXe s. jusqu’à aujourd’hui, et de la lecture en commun d’auteurs contemporains français et en traduction (poésie, théâtre, essais, textes fragmentaires…) par des exercices divers, parfois contradictoires et des propositions de dialogue entre musiciens et lecteurs – il ne s’agit pas de s’accompagner, encore moins d’illustrer quoi que ce soit, mais de mettre en tension les deux pratiques, de tenter des expériences. Seront abordées les questions de l’oralité dans un texte écrit – phrasé, rythme, ponctuation, silences -, de la voix, du jeu entre l’instrument, la voix et le texte, du micro, du corps, de la scène … afin de donner à vivre et entendre, voir lire, partager un texte en public, créer une forme singulière et signifiante.

À destination des lecteurs – toute personne le souhaitant, sans expérience préalable, ou des comédiens, des chanteurs, etc., et des musiciens – suffisamment aguerris pour pouvoir improviser.

Restitution publique en première partie de la performance Claude Favre / Dominique Pifarély


Marseille, corps étranger

 

Jazz à Cluny, une histoire

Dominique Pifarély Quartet, jeudi 24 août 2017, 21h, Théâtre des Arts, Cluny

Un entrefilet, dans Jazz Magazine, m’avait accroché : “stage de jazz dirigé par Didier Levallet, à Cluny, Saône et Loire”. Cet été 1978, engagé sous de mauvais auspices, m’était d’une grande solitude, à peine comblée par l’emploi d’été que j’avais trouvé pour le mois de juillet. Début août, me demandant comment renouer cette morne séquence estivale avec une vie de musique encore verte, je me rappelai cette annonce, me disant que le jeune musicien que j’étais ne manquerait pas de trouver là des congénères forcément animés du même désir : jouer, jouer, jouer.

Je m’en fus donc planter ma tente au camping de Cluny, et au bout de deux jours, ma principale activité fut de participer chaque soir aux jam sessions qui avaient lieu, en marge du festival, dans ce club et studio mythique, “A l’ouest de la Grosne“, à une encâblure de Cluny. Jouant jusqu’à point d’heure (et abandonnant bientôt la tente pour dormir sur place…), j’y croisai donc Didier Levallet, Alain Rellay (de l’ARFI), Christian Lété, et bien d’autres.

Cette rencontre avec Didier Levallet m’emmena très vite sur d’autres scènes, à ses côtés, et je fus formateur à Cluny de 1982 à 1984.

Le festival (et son stage toujours formidable) fête cette année ses 40 ans, et je ne saurai dire le plaisir qui est le mien de participer à cet anniversaire, en quartette, comme une nouvelle étape dans une aussi longue histoire.

Dominique Pifarély


Dominique Pifarély Quartet

jeudi 24 août 2017, 21h, Théâtre des Arts, Cluny

en 1ère partie :Denis Badault (piano), en solo

Dominique Pifarély Quartet © Jean-Baptiste Millot (mention obligatoire)
Dominique Pifarély Quartet © Jean-Baptiste Millot (mention obligatoire)

Gérard Marais, Didier Levallet, Dominique Pifarély – A l’ouest de la Grosne, 1981 (coll. Jacques Cézanne)

 

12 ans de projets et d’expériences avec François Bon

C’est dans un festival de jazz vendéen que nous avons inauguré ce cheminement, autour de Rabelais, évidemment. Pour autant, notre route s’est largement faite ailleurs,  là où il est encore possible de marcher sur les bords. Pour ma part, continuer cette exploration du traitement numérique en temps réel, en parallèle au travail plus repéré mené dans le circuit musical stricto sensu…

Ci-dessous la page consacrée par François sur son site tierslivre.net à cette grosse décade de collaboration, avec des vidéos on stage et backstage…

DP