Dole, solo (sons, échos)

Dole, solo (sons, échos)

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Drôle de clivage, penser au concert et penser sur le concert simultanément, bizarrerie de la concentration : à un moment, il m’est venu que quand même, quel culot il faut, ces gens sont là pendant 1h15, à écouter ce type raconter seul ses histoires, à deux encore, on se raconte mutuellement des trucs, mais là, mes constructions, ils s’y promènent, tu crois ? Mais c’est sans doute là qu’on peut indiquer le plus intimement, le plus exactement, où on tente d’aller. Une intention dans chaque son, pourquoi insister sur celui-ci, développer cet autre, passer vite sur celui-là et, au-delà des mémoires de formes qui ressurgissent, c’est peut-être un temps, une possibilité de regard poétique sur le monde qui se fait jour chez l’auditeur, plus actif que jamais.

Essentiel est le rapport à l’instrument. C’est ce rapport seul qui est en mesure de conduire le discours, d’extraire de soi ces “mémoires accumulées”, de faire surgir, de temps en temps, le non-encore advenu, ce lien qui seul met la pensée en marche, pointe l’émotion qui vient. Le rapport au pinceau, au stylo, au clavier à présent, est-il différent — hors l’impossibilité de retoucher l’improvisation ? Mettre à jour ce qui reste souvent secret d’un travail technique humble et rigoureux, de quelque manière qu’on le mène : un peu l’atelier du musicien.

Merci à Jazz et musique improvisée en Franche-Comté, et Philippe Romanoni : pas si courant, la possibilité d’un concert solo…

2 thoughts on “Dole, solo (sons, échos)

  1. ouvrir la boîte à secrets – par exemple quand tu racontais à la cafèt de Poitiers que tu ne notes ni n’enregistres ce que tu découvres en travaillant et que c’est une “mémoire de doigts” ?

  2. On note pour les projets de compo, mais pour l’impro, c’est plutôt une mémoire des sensations, une mémoire du geste global qui nous anime. Une sorte d’arc qui passe par geste instrumental, écoute, analyse, décision, mise en œuvre, geste,… tout ça ou des parties de ça, c’est donc ça qu’il faut creuser inlassablement. Mais c’est pas un secret…

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