Suite : Anabasis

Au printemps 2018, Dominique Pifarély présente un nouveau projet en forme de septette. Cette formation prolongera le travail orchestral mené de 2005 à 2015 avec l’ensemble Dédales. Dans un format plus chambriste mais aux potentialités explosives, c’est un nouveau programme, dans lequel se croisent compagnons repérés (François Corneloup, François Merville, Antonin Rayon) et figures nouvelles (Sylvaine Hélary, Matthieu Metzger, Valentin Ceccaldi).

Le septette donnera une avant-première à l’AJMI (Avignon) le 4 avril, et les premiers concerts auront lieu à l’Europajazz Festival (Le Mans) le 5 mai, à l’Atelier du Plateau (Paris) les 25 et 26 mai, aux Emouvantes (Marseille) le 26 septembre et à Jazzdor (Strasbourg) le 17 novembre.


“L’anabase, c’est la remontée de la mer vers les terres (…) et la sortie d’exil.Cette montée est aussi un retour, qui paradoxalement s’effectue dans l’avenir.”
Martine Broda, “Dans la main de personne, essai sur Paul Celan”

Après un travail, il y a 15 ans, sur des poèmes de Paul Celan (pour choeur de chambre, 2 récitants et 6 musiciens-improvisateurs — voir “Anabasis“), les textes fournissent aujourd’hui une trame invisible (au sens propre : rythme, prosodie, espace, forme) qui guide cette utopie d’un retour dans l’avenir.

Suite : Anabasis est donc un acte musical à la fois engagé et rêveur, formel et sensible, avec en toile de fond un questionnement qui porte sur l’exil, le déplacement, la fuite, la quête, mais aussi l’exil de soi et le retour vers soi et vers l’autre, et quelques intuitions contemporaines.

DP


Dominique Pifarély : violon, composition
Valentin Ceccaldi : violoncelle
Sylvaine Hélary : flûtes
Matthieu Metzger : saxophones soprano et alto
François Corneloup : saxophone baryton
Antonin Rayon : piano, synthétiseur moog
François Merville : batterie

Production : ARCHIPELS-Cie Dominique Pifarély
Coproduction : Europajazz Festival du Mans / Festival Jazzdor Strasbourg
Avec l’aide de la DRAC Nouvelle Aquitaine, de l’ADAMI et de la SPEDIDAM
Avec le soutien de la Maison Galerie 19PaulFort et de l’AJMI

La musique d'Erich Zann, et retour à Argenteuil


“La musique d’Erich Zann”, de H.P. Lovecraft, trad. François Bon

Après une “première” accueillie par le festival “Sans Décoder 2017” à Dompierre les Ormes (71), nous reprenons, avec François Bon et traduit par lui, le texte fantastique de H.P. Lovecraft “La musique d’Erich Zann”, à la Cave d’Argenteuil (anciennement Cave Dimière), poursuivant ainsi, via le traitement numérique en temps réel, notre travail sur l’imaginaire et sur les rapports entre récit et improvisation.

François Bon et Dominique Pifarély (violon, traitement numérique temps réel), le 26 janvier 2018, 20h30, à La Cave d’Argenteuil (réservations).

En savoir plus : le sommaire Lovecraft sur le site de François Bon

Interview et présentation, par François Bon

Concerts les 10 et 11 novembre à Paris

A la veille d’un prochain enregistrement du Quartet de Dominique Pifarély, 2 concerts à Paris :

  • le vendredi 10 novembre à 20h
  • le samedi 11 novembre à 20h

à l’Atelier du Plateau

5, rue du Plateau – Paris -19ème / résevations au 01 42 41 28 22

Dominique Pifarély Quartet à l'Atelier du Plateau / Paris

Dominique Pifarély et l'Atelier du Plateau

Cette saison, à l’Atelier du Plateau :

  • 10 et 11 novembre 2017 : Dominique Pifarély Quartet
  • 20 décembre 2017 : je serai l’invité de Vincent Courtois et ses “Bandes originales”
  • 10 mars 2018 : avec François Bon, “La musique d’Erich Zann”, autour de HP Lovecraft
  • 25 et 26 mai 2018 : Dominique Pifarély Septet “Suite : Anabasis”

Rappel d’une déjà longue histoire dans une ruelle du 19ème arrondissement :

En 1997 et 1998, je pars avec Gilles Zæpffel, metteur en scène, auteur, explorateur, comédien, équilibriste, chef de bande, qui monte successivement 2 spectacles au Liban : d’abord un “Hommage au Grand Théâtre”, celui de Beyrouth, construit sur le modèle de l’Opéra du Caire, mais désormais en ruine, seul au milieu du vaste chantier de reconstruction du centre-ville de Beyrouth ; puis “Nuits guerrières”, créé dans le magnifique khan (caravansérail) de Saïda au Sud-Liban, puis repris en France. Dans le premier, je serai présent en solo, et j’écrirai et jouerai la musique du second. Ce sera l’occasion d’un bousculement fécond, et de rencontres durables, pour lui comme pour moi (voir Chemin du théâtre).

Et en 1999, après ces travaux levantins, Gilles tombe sur cet ancien atelier, au bout d’une ruelle du 19ème arrondissement, et décide d’y poser ses valises. Il y créera ses prochains spectacles, et initiera cette tradition d’accueil des artistes et du public que le lieu, et ses animateurs, maintiennent avec joie. Je jouerai le tout premier concert, à l’ouverture, en duo avec Bruno Chevillon, lui aussi de la dernière aventure libanaise.

Et c’est encore avec lui, et mon quartette — François Merville, présent dès les premiers temps de l’Atelier du Plateau, et Antonin Rayon, avec qui je jouai pour la première fois… à l’Atelier du Plateau —, que j’aurai le plaisir de revenir, les 10 et 11 novembre, dans la ruelle du 19ème arrondissement, avant d’y amener François Bon pour une nouvelle performance autour de HP Lovecraft (en mars), puis un tout nouveau septette (en mai)…

Dominique Pifarély

Site de L’Atelier du Plateau
5, rue du Plateau (au fond de l’impasse)
75019 Paris
Les réservations se font par mail et/ou par téléphone :
01 42 41 28 22cdnq@atelierduplateau.org


Avec Claude Favre à La Marelle (Marseille)

“Ceux qui par les étranges terres”

Rencontre-discussion

Lieu : La Salle des Machines
Une proposition de : La Marelle , La Salle des Machines

Claude Favre (poète, performeuse, en résidence à La Marelle à l’automne 2017) et Dominique Pifarély (violoniste, improvisateur, compositeur) déplacent les lignes, avec leurs doutes, leurs voix, leurs sons, leurs silences, pour dire ce qui est, aujourd’hui, ici et maintenant qui est un ailleurs, pour les hommes errants, pour ceux qui vont sur les étranges terres où d’autres hommes étrangement ferment leurs portes, se mettent œillères, quand l’hospitalité a une histoire, quand il faut regarder en face pour que le monde n’aille pas à sa perte, parce qu’il nous faut construire l’histoire et connaître les noms, dénombrer les morts de ceux qui détournent les horizons par les mers, sur les routes, parce qu’on ne peut détourner le regard, ignorer les fugitifs, les migrants, les brûleurs, qui brûlent leurs papiers, les frontières, les préjugés, brûlent jusqu’à leurs empreintes digitales, parce que le monde en guerre est un asile de fou, parce que c’est toujours aujourd’hui, et le passé reviendra, et même les filles brûlent.


Les 13 et 14 septembre, 2 jours d’ateliers à Marseille sur la lecture avec musique.

Stage Musique & Voix, pour musiciens et lecteurs – Les cargaisons insolites

Qu’est-ce qu’un texte ? C’est de l’horizontalité qui se verticalise, écrit le poète Bernard Noël.

Travail de « la voix du texte » à partir de l’écoute de documents sonores depuis le début du XXe s. jusqu’à aujourd’hui, et de la lecture en commun d’auteurs contemporains français et en traduction (poésie, théâtre, essais, textes fragmentaires…) par des exercices divers, parfois contradictoires et des propositions de dialogue entre musiciens et lecteurs – il ne s’agit pas de s’accompagner, encore moins d’illustrer quoi que ce soit, mais de mettre en tension les deux pratiques, de tenter des expériences. Seront abordées les questions de l’oralité dans un texte écrit – phrasé, rythme, ponctuation, silences -, de la voix, du jeu entre l’instrument, la voix et le texte, du micro, du corps, de la scène … afin de donner à vivre et entendre, voir lire, partager un texte en public, créer une forme singulière et signifiante.

À destination des lecteurs – toute personne le souhaitant, sans expérience préalable, ou des comédiens, des chanteurs, etc., et des musiciens – suffisamment aguerris pour pouvoir improviser.

Restitution publique en première partie de la performance Claude Favre / Dominique Pifarély


Marseille, corps étranger

 

Jazz à Cluny, une histoire

Dominique Pifarély Quartet, jeudi 24 août 2017, 21h, Théâtre des Arts, Cluny

Un entrefilet, dans Jazz Magazine, m’avait accroché : “stage de jazz dirigé par Didier Levallet, à Cluny, Saône et Loire”. Cet été 1978, engagé sous de mauvais auspices, m’était d’une grande solitude, à peine comblée par l’emploi d’été que j’avais trouvé pour le mois de juillet. Début août, me demandant comment renouer cette morne séquence estivale avec une vie de musique encore verte, je me rappelai cette annonce, me disant que le jeune musicien que j’étais ne manquerait pas de trouver là des congénères forcément animés du même désir : jouer, jouer, jouer.

Je m’en fus donc planter ma tente au camping de Cluny, et au bout de deux jours, ma principale activité fut de participer chaque soir aux jam sessions qui avaient lieu, en marge du festival, dans ce club et studio mythique, “A l’ouest de la Grosne“, à une encâblure de Cluny. Jouant jusqu’à point d’heure (et abandonnant bientôt la tente pour dormir sur place…), j’y croisai donc Didier Levallet, Alain Rellay (de l’ARFI), Christian Lété, et bien d’autres.

Cette rencontre avec Didier Levallet m’emmena très vite sur d’autres scènes, à ses côtés, et je fus formateur à Cluny de 1982 à 1984.

Le festival (et son stage toujours formidable) fête cette année ses 40 ans, et je ne saurai dire le plaisir qui est le mien de participer à cet anniversaire, en quartette, comme une nouvelle étape dans une aussi longue histoire.

Dominique Pifarély


Dominique Pifarély Quartet

jeudi 24 août 2017, 21h, Théâtre des Arts, Cluny

en 1ère partie :Denis Badault (piano), en solo

Dominique Pifarély Quartet © Jean-Baptiste Millot (mention obligatoire)
Dominique Pifarély Quartet © Jean-Baptiste Millot (mention obligatoire)

Gérard Marais, Didier Levallet, Dominique Pifarély – A l’ouest de la Grosne, 1981 (coll. Jacques Cézanne)

 

12 ans de projets et d’expériences avec François Bon

C’est dans un festival de jazz vendéen que nous avons inauguré ce cheminement, autour de Rabelais, évidemment. Pour autant, notre route s’est largement faite ailleurs,  là où il est encore possible de marcher sur les bords. Pour ma part, continuer cette exploration du traitement numérique en temps réel, en parallèle au travail plus repéré mené dans le circuit musical stricto sensu…

Ci-dessous la page consacrée par François sur son site tierslivre.net à cette grosse décade de collaboration, avec des vidéos on stage et backstage…

DP

 

Dominique Pifarély Quartet, retour au 19PaulFort

Jeudi 6 juillet 2017 à 20h30

Nous avions joué l’un des premiers concerts du quartette chez notre amie Hélène Aziza, le 20 juin 2014. Trois années plus tard, nous y retournons présenter de nouveaux morceaux, avec peut-être quelques-uns des anciens, dans la perspective d’une nouvelle série de concerts (Cluny, Seixal, Genève…).


Vidéos :

Musiques libres à Besançon, la fin ?

Dominique Pifarély sera en solo le 30 juin 2017 à 21h au Kursaal de Besançon.


Le 36ème festival “Jazz et musique improvisée en Franche Comté” aura lieu du 27 juin au 1er juillet 2017 à Besançon. Sera-ce le dernier ? C’est en tous cas ce que nous annonce Philippe Romanoni, son directeur, l’un des meilleurs militants des musiques libres que nous ayons croisé.

Bien sûr, nous savons que le rétrécissement des moyens est un argument récurent. Et nous savons aussi que ces évènements s’incarnent dans l’engagement de ceux qui les créent, et que, programmation au long cours ou festivals, ils n’ont pas de vie propre, et donc pas de survie sans leur créateur.

Mais comment ne pas sentir le désintérêt croissant, dévastateur, pour une musique qui s’écarte du seul champs du divertissement. En musique peut-être encore plus qu’ailleurs, l’industrie a gagné, en ce qu’elle a réussi à arracher le fait musical de toute expérience de rupture, sensible, onirique, projective, émancipatrice, intérieure ou collective, politique…

Alors, Besançon, c’est peut-être fini. A moins d’un rebond, plus moyen d’écouter ces projets singuliers dans le coin.

« Ma musique est vivante, elle parle de la vie et de la mort, du bien et du mal. Elle est colère. Elle est réelle parce qu’elle sait être colère », disait Charlie Mingus.

Nos musiques sont vivantes, elles ont de la mémoire et de l’élan, elles ne sont pas une mode sortie d’un chapeau de ministre ou de directeur du marketing, et elles resteront vivantes quand ils seront passés depuis longtemps.

“Singulier ! Voilà bien un qualificatif qui correspond parfaitement à la démarche de ce festival, résolument tourné vers la promotion des expressions nouvelles dans les registres du jazz et autres musiques improvisées.

Singulier ! C’est le défi que nous avons proposé de relever à un certain nombre d’acteurs connus, reconnus. A savoir, une prestation solo, un travail d’épure qui va directement à l’essentiel de la musique pour nous en restituer la substantifique moelle. Pas d’artifice, juste la perfection. Ou, pour le dire comme Auguste Rodin : « En Art, la simplification est la vraie grandeur ».

Singulier enfin, ce moment, cette époque où, de reniements en abandons, le champ culturel a été plutôt délaissé, surtout pour les expressions innovantes non commerciales, en nous laissant le sentiment amer que la Culture n’a pas été bien traitée.

« La musique c’est ce qui ne revient jamais » disait Roland Barthes. Raison de plus, s’il en est besoin, d’assister à ce festival.

Au plaisir de vous y rencontrer.”

Philippe Romanoni

Bon & Pifarély, une humanité numérique littéraire ?

Samedi 17 juin, une performance de François Bon et Dominique Pifarély dans le cadre du colloque intitulé “Des humanités numériques littéraires” , au Centre Culturel International de Cerisy (du 15 au 22 juin, programme détaillé ICI) 

Médiathèque de Saint-Lô, 16h.

Paysage Fer, réouvert, lecture-performance par François BON & Dominique PIFARÉLY

Une ligne de train chargée d’histoire, 362 km de Paris à Nancy, qui traverse toute une suite de petites villes par le milieu. 2002 : elle est remplacée par un TGV direct, qui les évite.
Toute cette année, je fais le trajet chaque jeudi, et s’installe un système de notes, par récurrences, répétitions. Et, chaque voyage, je fais des photos avec un appareil jetable.
Quand paraît le livre, on refait le voyage pour Arte : filmer ce qu’on voit du train, puis louer une voiture pour le retour et retrouver ces lieux qui nous ont surpris ou questionnés.
C’est mon dernier livre d’avant le web. Internet existe, mais quel usage pour la littérature.
Alors aujourd’hui, à quinze ans de distance, rouvrir le livre, et chercher de quel écosystème il participe. Le film, les photos, mais aussi les images d’archives, et par Google Street View la possibilité de refaire le voyage.
Écrivons-nous de la même façon, quand le web se superpose au réel et nous l’ouvre en plus grand ?
Et le refaire en direct, ce voyage, dans les 52’ que dure le film. En utilisant aussi l’électronique, voix, violon, images, pour que ce soit aussi questionnement de l’écriture, du réel, de la ville, et de nos rêves.

François Bon