Allumés du Jazz

musique, politique…

… et numérique : le journal des Allumés du JazzAllumés du Jazz

Le nouveau numéro vient de paraître, on en profite pour faire un rappel : les Allumés sont un regroupement de labels indépendants (58, aujourd’hui), d’obédiences, d’orientations diverses. Au journal (2 ou 3 numéros par an), s’ajoutent un site Internet (avec un blog et une webradio), la vente en ligne sécurisée, un stand itinérant sur les festivals, une boutique, le tout géré par une équipe de permanents solidaires et dynamiques  — manque une plate-forme de téléchargement, m’est avis, mais ça viendra… Dans la boutique (sise au Mans), des événements réguliers, mini-concerts des artistes des labels.

Par essence, par nécessité, c’est donc un lieu militant, au sens où il organise concrètement la survie — la résistance — de formes musicales qui n’ont pas lieu ailleurs, justement. Pour dire les choses clairement : contre l’industrie. Et puisque nous sommes le 24 avril 2012, où a-t-on entendu qu’un véritable service public de la culture devait garantir l’existence d’expressions artistiques singulières, inhabituelles, nouvelles, déplacées, décalées, étonnantes, surprenantes, immigrantes, émigrantes, nomades, ou marginales, non-consensuelles, minoritaires ? Un seul, à ma connaissance, l’a prononcé clairement (et pas les deux “grands”, est-il besoin de préciser).

Ainsi, entre autres dans ce numéro d’avril 2012, des interviews de musiciens grecs (“… chaque gig est un combat pour gagner un public traumatisé…“, des commentaires sur l’éthique (“de la différence au différend, il n’y a souvent que l’espace d’une incompréhension“), une interview de Daniel Yvinec, directeur de l’ONJ (“défendre des idées, des engagements en faveur de la culture, de l’idée que le Jazz mérite un vrai public, nombreux, curieux, qu’il doit aller vers ceux qui ne l’attendent pas“), un texte de François Corneloup (“L’urgence n’est-elle pas plutôt de rejoindre les fronts d’une lutte politique plus large ?“), le récit d’une mésaventure espagnole du saxophoniste Larry Ochs (“quelqu’un était allé à la police en se plaignant de la musique affirmant qu’elle n’était pas du jazz et que cet auditeur se sentait escroqué“), l’éthique encore (“quelle place pour la déontologie, la morale ou l’éthique dans le commerce du disque“), un retour sur le dernier machin sarkozeux, le Centre National de la Musique, ainsi qu’une interview/rétrospective de l’auteur de ce blog… Et puis des photos de Guy Le Querrec, et des dessins d’Andy Singer.

On peut télécharger gratuitement la version PDF, comme celles des numéros précédents (29 au total) et donc lire sur sa tablette…

Ca peut être une langue apprise, mais ça n’a évidemment plus le même sens. On peut se l’adjoindre en disant que ça a fait partie de notre pratique, de notre univers, mais qui peut dire davantage aujourd’hui ? Si on continue à figer les choses, on se rend bien compte que toutes ces tentatives mènent à des situations encore plus aliénantes pour la musique et les musiciens. Pourquoi se fait-on renvoyer constamment d’une structure de diffusion à une autre ? Ce ne sont pas des projets atypiques, mais typiques de notre époque, des musiciens de la génération d’après, qui a pu s’ouvrir à tellement d’autres choses.

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