Dominique Pifarély Quartet Live in Berlin, video

Dominique Pifarély Quartet was on june 1st at the Jazzdor Berlin 2016. Watch now the full concert (4 videos) :

Les 10 ans de Dédales à l’Europajazz

DSC01479
Installation de l’ensemble Dédales au Théâtre des Quatre Saisons, Gradignan

 

C’est le 30 avril 2005 qu’eut lieu le premier concert de l’ensemble Dédales, au Théâtre de Poitiers. Bernard Prouteau, alors à la manœuvre pour promouvoir et défendre la création musicale contemporaine (Jazz à Poitiers, et une influence certaine sur la programmation de la scène nationale), avait suscité, encouragé, accompagné la naissance de l’orchestre, programmant d’abord des rencontres partielles sur toute une saison, “préambules” me permettant ainsi de faire se rencontrer jeunes et moins jeunes musiciens, poitevins ou parisiens, en des sessions d’improvisation en duos ou trios.

14 concerts et 2 albums plus tard, nous choisirons de retenir le plus bel enseignement d’un parcours qui ne fut pas si facile : 1,4 concert par an, c’est si peu que l’engagement et la qualité des musiciens de ce bel orchestre s’en trouve magnifié. C’est en effet à l’exigence commune de chacun de ces musiciens, et à leur fidélité, que la musique de l’ensemble doit l’élan qui la porte.

Cet élan et cet engagement, je dois le dire, m’ont aidé à persévérer, en dépit de ma mauvaise conscience à tant leur demander. A tel point que pour ce concert d’anniversaire, le 8 mai 2015, presque 10 ans jour pour jour après la création, et malgré les vents contraires — les vents mauvais de “l’économie de crise” et du renoncement conjugués —, c’est à un accroissement de l’effectif que je me suis résolu : j’entendais depuis longtemps les timbres du violoncelle et de la flûte enrichir le son de l’orchestre dans la projection mentale que je m’en faisais. J’ai donc, sans la moindre vergogne, appelé Armand Meignan, directeur de l’Europajazz du Mans — après qu’il eût déjà décidé de programmer l’orchestre — pour lui soumettre cette idée farfelue de venir à 11 plutôt qu’à 9, bousculant ainsi les habitudes qui incitent plutôt au moins-disant budgétaire. Armand a éclaté de rire… et accepté immédiatement.

Pour ce dixième anniversaire, nous serons donc au Mans avec un effectif désormais renforcé : Guillaume Roy (alto), Valentin Ceccaldi (violoncelle), Hélène Labarrière (contrebasse), Sylvaine Hélary (flûte), Vincent Boisseau (clarinette), François Corneloup (saxophone baryton), Sylvain Bardiau (trompette), Christiane Bopp (trombone), Julien Padovani (piano), Eric Groleau (batterie), et Christophe Hauser assurera la sonorisation.

Dominique Pifarély "ensemble Dédales", le vendredi 8 mai 2015, à l'Europajazz du Mans, salle de la Fonderie.

Rome, Naples, rencontre et solo

DSC01526 copieDu 20 au 26 avril 2015, Dominique Pifarély sera en Italie, d’abord à Rome le 21  à la Casa Museo di Giacinto Scelsi, en compagnie de Michele Rabbia, pour une rencontre inédite entre les 2 improvisateurs et 2 grands interprètes de musique contemporaine, le contrebassiste Daniele Roccato et le pianiste Ciro Longobardi.

Puis Dominique donnera le 24 avril un concert solo à Naples, dans la série de concerts programmés par Dissonanzen.


 

Ci-dessous, Ciro Longobardi, Daniele Roccato et Michele Rabbia à l’Area Sismica (Forli, Italie) le 25/11/2013  :

Nicaragua – Vaulx-en-Velin

 

Bien que créé en 2002, ce trio — Louis Sclavis (clarinettes), Vincent Courtois (violoncelle) et Dominique Pifarély (violon) — a joué en tournée en Amérique latine et en Afrique, jamais en France. Mais si on cite parfois le long compagnonnage des trois musiciens, c’est qu’ils n’ont de cesse d’inscrire le surgissement de l’instant dans un parcours qui leur ressemble, fait de rencontres ainsi que de convictions affirmées.

L’expérience des multiples créations passées, mêlée à l’observation attentive du travail récent de chacun : ce sera donc une véritable création française, avec un répertoire inédit, qui sera donné le jeudi 19 mars 2015 au festival A Vaulx Jazz.

 

Poitiers – 21/04/12 – Le Plan B – lecture/performance Claude Favre/Dominique Pifarély – France

Jean-Louis Kuffer sur "Peur"

2033315103

Nous reprenons, en le remerciant, ce texte de Jean-Louis Kuffer, Lausanne (voir son site), à propos de “Peur” :

Les verticale des anciennes pluies, scrutées de derrière la vitre dans l’impatience de nos enfances, avant de partir loin, relaient dans Peur les verticales des cordes urbaines entre lesquelles zigzaguent un saxo tâtonnant et un violon titubant, et quel rapport avec les verticales de roc et de glace ?

Je dirai : paysage mental, murs de New York ou de l’Aiguille du Fou, souvenir des villes, paysages où transi d’angoisse on lève la tête dans le matin glacial, Manhattan ou l’Aiguille du Trident – ma seule PEUR panique un matin de roche rouge et de glace il y a juste vingt ans avec mon ami R. fracassé vingt jour après au Mont Dolent -, et voici :

Que je repars ce matin avant l’aube, par grand beau se levant, avec Peur de François Bon et de ses musiciens au walkman, prêt à gravir ce couloir d’effroi, un pas sur l’autre, entre les hauts piliers comme de gratte-ciels – On avait traversé des villes sans personne -, et la neige glacée crisse comme les instruments de Peur, mais les crampons s’accrochent comme les tampons aux parois de verre des villes de fer et de béton :

On progresse, le couloir est à la fois paroi trouée de fenêtres comme les buildings hallucinés de Buzzati, et cela :

Quand on ferme les yeux pour souffler, les verticales basculent et voici les ravines bleutées devenues allées de cimetière – Tu marchais dans la maison des Morts -, tout devient Labyrinthe aux yeux fermés un instant, tes morts te pèsent et te soupèsent puis tu entends une voix pure, peut-être le jeune poète de Rilke – Nous manquons d’invocations sorcières –, enfin tes yeux clairs se rouvrent et retrouvent les horizons de plus en plus larges à mesure que tu montes vers le ciel grand ouvert, la PEUR aiguise les marches mais de la surmonter te sort de l’impasse et de là-haut tu vois mieux ce qui te manque et qui te manque, à qui tu manques – Et comment on est venu on sait pas, et où tu vas t’en sais rien ? – mais de moins en moins de PEUR tout en haut du couloir d’angoisse, à monter on surmonte la PEUR, et voici :

Rando15.jpgL’arête atteinte, l’équilibre entre deux vertiges, étroite rue où danser – Là-bas murs et seringues, voilà pour manger, trajets tracés, tous les bruits du monde -, ici l’ouvert par delà l’obscur et l’indistinct :

Vaincue la PEUR à l’instant, dis-tu, au jour partagé, songeant à eux, mais qui t’attend demain là-bas, l’angoisse et l’effroi tôt l’aube…

Cette divagation de rando suit les séquences lues (François Bon en diseur d’extrême sensibilité) de Peur, sur ses textes (cités ici en italiques) et des compositions de Dominique Pifarély (violon), avec François Corneloup (sax baryton), Eric Groleau (batterie) et Thierry Balasse électro-acoustique).

Peur. 1 CD chez Poros éditions, 2008.

Le texte intégral de Peur peut se télécharger sur internet.

Image : peinture de Buzzati ainsi légendée : Quando la grande montagna all’improvviso diventa la nostra vita, la nostra città, la nostra vecchia casa, l’antica nostra tomba.

LirePeur.JPG