Après la révolution (Archipels, 2008)

Après la révolution :
musique de Dominique Pifarély sur des textes de Charles Pennequin (P.O.L.)photo_groupe_revo

Dominique Pifarély, violon, mandoline él., composition – Pierre Baux, voix – François Corneloup, saxophone baryton – Julien Padovani, claviers – Olivier Lété, guitare basse – Eric Groleau, batterie

[…] C’est là-dedans, dans le milieu de la parole non-parlée et des gestes larvés et des violences télévisuelles et du patronat et de la bêtise comme culture nationale, que je vis. Dans ce trou-là, cette fosse sceptique de tout ce que les humains peuvent faire pour se débarrasser de la pensée. Et notre seul concept sera de tenter malgré tout d’y prendre l’air. Prendre tout. Dire tout et même son contraire. S’égarer dans le voisinage, emporter deux trois idées, traverser quelques histoires, en aimer quelques-unes, et quitter toutes les autres, jusqu’à occuper seul le terrain de l’angoisse. Le terrain de sa propre langue où tout est à faire.

photoscene_revoAprès « Anabasis », « Le passage des heures », « Peur », il s’agit de creuser encore les rapports texte-improvisation, et d’exposer à nouveau la musique au risque du discours, de la « contextualiser », politiquement comme sur un plan sensible. Plus qu’un interprète du texte, Pierre Baux est ici un véritable musicien-improvisateur, ou quasi-chanteur, capable de réagir aux sollicitations, aux bousculements électriques de la musique.

[…] Nous arrivons après la révolution, après les révolutionnaires, nous arrivons après et n’avons plus rien dans le ventre, plus rien à dire, plus rien du ventre et la parole sort plus, elle sortirait du ventre, c’est le ventre qui prend la parole, le ventre explose plus rien, plus rien le ventre explosera, nous n’avons rien à dire, alors ça reste ça fait boule […]

Après concert, St Quentin en Yvelines, 10 mars 2009.